mardi 22 juin 2010

La création d'un comic book (part 4)

 Une fois que tous les brouillons de vos pages sont faits et que vous êtes contents de ce que ça va donner, vous pouvez vous y mettre.

 Qu'on ne s'y trompe pas : le dessin se fait toujours majoritairement à la main, sur une table à dessin. Chez les pros (et ceux qui ont les moyens), la table est équipée comme il faut : des pinces pour la page, une règle coulissante, un cendrier et un porte-gobelet pour le café (je plaisante, mais ce serait cool pour moi).
 Dans la plupart des cas, les dessinateurs travaillent sur du format A3 ou du double format A3 (il arrive qu'ils utilisent une double page pour une action), ou à peu près.
 Moi je travaille soit sur du A4 rogné, soit sur des feuilles volantes ce qui me permet de dessiner une vignette au double ou au triple de sa taille finale, afin de mieux la détailler. Mais ça n'a pas que des avantages, notamment au niveau du scanner.
 En outre, la page est toujours annotée avec : le numéro de l'album, son titre, le numéro de la page, le nom du  dessinateur, celui de l'éditeur, etc... L'idée est de ne pas se planter plus tard.

 Et, là, c'est le moment de vous défoncer. Si les professionnels travaillent vite, vous pouvez prendre le temps que vous voulez. Le crayonné d'une page me prend généralement huit à dix heures, à titre d'exemple.

 Mais le dessin ne se fait pas tout seul, et beaucoup de gens ont leurs bêtes noires : les yeux, les mains... Dans mon cas, ce sont les pieds et les chaussures.
 Mais vous pouvez trouver des astuces pour vous en sortir tout de même.

 A titre d'exemple, manière de commencer votre dessin, Consiste à mettre en valeur les points d'articulation de vos personnages et en dessinant leurs visages à partir d'un simple oval. Je ne suis pas très fan de ces techniques, bien qu'il m'arrive parfois d'utiliser la première. Mais je commence généralement le dessin d'un personnage par ses yeux. Leur orientation et leur positionnement déterminent à la fois la position finale du personnage ainsi que l'angle général du décor de la vignette.
 Cependant, n'oubliez pas que la première chose qui prime est la réalité anatomique. Vous pouvez parfaitement boursoufler vos personnages avec leurs propres muscles, mais à condition de leur adjoindre d'autres personnages plus normaux.

 Mais, quelques éléments de base : autant que possible, affinez vos traits, ce sera important pour l'encrage. Gommez les imperfections, etc... Et ne remplissez pas les zones noires. Un grand espace blanc avec au centre la simple mention "Nr" ou "Bl" suffit. Et n'oubliez aucun trait. Votre dessin doit être aussi précis que possible.
 Comme je l'ai déjà dit, le dessinateur et l'encreur ne sont que rarement la même personne. Or, le second travaille sur le dessin : il ne créée pas et ne peut imaginer ce que le dessinateur avait en tête.

 L'important, aussi, est de ne pas oublier les détails : ce sont eux qui feront votre dessin qui, basiquement, se résumera à une forme pleine de détails. Egalement, une notion basique dans le monde du comic book : les hommes et les femmes ne se dessinent pas de la même manière.
 En effet, vous pouvez rajouter autant de rides que vous le souhaitez sur vos personnages masculins, autant de détails sur leur peau, etc... que vous le voulez. Mais la peau des femmes reste, autant que possible, lisse. Les traits des hommes sont aigus, hachés, et vous pouvez vous lâchez sur les angles - ça ajoute de la virilité - mais les femmes sont toutes en courbes. et, si les muscles des hommes sont généralement clairement dessinés, ceux des femmes ne sont que suggérés.

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