Superman par Jack Kirby - couleurs par Steve Rudko. Bien que datant d'avant sa période Marvel, on reconnait le style plus "racé" du nouveau comic book.
Les artistes, dès les années 60, disparaissent totalement derrière leurs oeuvres. Les créations ne leur appartiennent pas, mais dépendent du groupe. Leurs dessins sont estampillés Marvel ou DC, conservés dans ces gigantesques usines à pointage que deviennent les éditeurs de comics. Pire, ils sont payés à la page, et doivent parfois travailler sur deux ou trois séries en même temps pour pouvoir vivre. Les syndicats sont interdits, celui qui râle est renvoyé - ou moins bien payé. C'est sans doute ce qui fait que Lee, Kirby et Steve Ditko créèrent les dizaines de personnages et séries qu'on leur reconnaît (bien que cette notion fasse encore débat).
Les choses ne bougeront plus durant une bonne trentaine d'années.
Des centaines d'artistes passent par Marvel ou Dc, dont certains parviendront à se faire un nom en devenant indépendants. Des gens comme Franck Miller, John Romita (Sr et Jr), Todd McFarlane, etc...
Le nouveau schisme viendra d'eux : passionnés de dessin et de comics avant tout, ils se laissent un temps enfermer dans ces énormes rouleaux compresseurs (qui rachètent les quelques publications indépendantes qui sortent, comme Vertigo et autres), le temps d'imposer leur propre style et d'apprendre.
C'est ainsi que Franck Miller dessinera un temps DareDevil et X-Men chez Marvel avant de rejoindre DC pour un coup d'éclat avant de claquer la porte : The Dark Knight.Il y reviendra cependant en dans les années 90 et 2000 avec une position de "guest star" pour dessiner ou scénariser notamment les séries "All Star Batman et Robin" (qu'il écrit, le dessin étant, excusez du peu, de Jim Lee), ou pour faire des couvertures. On le verra donc sur des Jurassic Park (Vertigo-Dc Comics), par exemple.
Mais sa rancoeur est toujours présente, comme en atteste l'édito qu'il écrivait en 1992 sur le premier album de Spawn, conçu, édité et dessiné par Todd McFarlane, ancien de Marvel.
Justement, le style graphique change grâce à McFarlane. Finis, ces styles "sages" encore présents dans les années 1980. Mc Farlane torture et déchire ses personnages, autant graphiquement que scénaristiquement. Il fera de SpiderMan un personnage ultra-violent, à la limite du morbide, jusqu'à créer Venom.
Avec McFarlane et la nouvelle génération qui l'accompagne - Greg Capullo, Marc Silvestri, Phil Gimenez... - on quitte la bd pour entrer dans un style plus ouvertement graphique, lorgnant presque du côté du cinéma.
Venom par Todd McFarlane
Une image de Spawn #195 dessinée et encrée par Todd McFarlane.
Chez Image Comics, le copyright appartient au créateur, le dessin au dessinateur, etc... Ils sont syndiqués, possèdent souvent des parts dans la société... L'inverse de Marvel ou DC, quoi. Et ça fonctionne.
Un nouveau style de création des comic books, donc, qui laisse la porte ouverte aux créateurs plus qu'aux financiers.
Et le futur?
Qui peut le dire...? Spawn atteint bientôt sont 200ème numéro sans changer sa ligne éditoriale - malgré une baisse de popularité sur quelques numéros - Marvel et DC multiplient leurs publications, motivés par les récents succès au Box-Office de leurs adaptations... Ceci en un temps record. On voit fleurir de plus en plus de comics directement illustrés sur ordinateur, parfois en images de synthèses... Par chance, beaucoup d'artistes continuent leur travaille à la main, avec un bon vieux Rötring. Pas forcément un genre de bd à deux vitesses mais, ce qui est certain, c'est que beaucoup de changement viendront encore, pour le meilleur ou pour le pire.




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