mardi 13 juillet 2010

coup de génie

Juste comme ça, pour le fun, voici une superbe illustration juste encrée due à l'immense Jim Lee. Il s'agit d'une des illustrations préparatoires de Call Of Duty et, franchement, ça pète grave...
 En tant que dessinateur, ça file autant le vertige que regarder le K2 d'en bas en espérant un jour réussir à arriver au sommet.

 Lee a la particularité de beaucoup travailler "à l'ancienne". Pas de palette graphique, ni rien. Crayonnés au crayon de couleur, "sketch" au crayon d'animation (bleu, ce qui permet de le faire disparaître plus facilement), et encrage au Rotring classique.
 L'image est en très grand format, donc vous pouvez la voir en détails en cliquant dessus, et les détails valent le coup. Ce type a certainement le coup de crayon le plus sûr du comic book actuel.

 Perso, j'en suis un immense fan.

mardi 6 juillet 2010

Skinner (suite)

 Et voila!
 Après trois mois de dur labeur et de (très) longues journées, le 1er numéro des aventures de Skinner est fini... Bien sûr, je ne vais pas tarder à m'attaquer à la suite, tant j'ai découvert que je m'amusais, en fait, à dessiner.

 Donc, pour en finir avec celui-là, voici l'illustration de couverture, à peine terminée. J'ai décidé de la faire la plus sobre possible, de manière à laisser un maximum d'éléments en suspens dans l'épisode, sans compter que la première chose à faire est de présenter le héros dans un environnement qui reste majoritairement à inventer. Donc, sobre.



 A bientôt pour la suite, et je n'oublie pas le dernier chapitre de mon tuto sur le coloring.

lundi 28 juin 2010

Skinner (suite)

 Voici un extrait de la page 20. J'ai pris l'habitude de coloriser mes personnages, plutôt que de les faire en noir et blanc. Ca me permet de mieux gérer ma colorimétrie et les ombres, ainsi que de trouver les bonnes teintes.
 Le souci est que je fais tout cela avec la teblette souris de mon pc, donc peu pratique et précise, mais je commence à me débrouiller.


création d'un comic book (part 8)

Et voici notre super héros encré :

Le principe de base est, bien sûr, de noircir suivant les points, en gros. Mais, bien sûr, les choses peuvent parfois se compliquer. Beaucoup de dessinateurs se lâchent complètement sur leurs travaux, et il devient parfois ardu de trouver quelles zones encrer, dans quelles proportions, etc. Ainsi, le travail de l'encreur revient autant à noircir les zones ombrées qu'à lier ces zones avec les autres. Ici, on peut remarquer que j'ai fait ce lien (au niveau de la cuisse gauche, notamment) en repassant certaines hachures avec mon feutre, de manière à donner une impression d'éclaircissement.
 Mon travail a également consisté à trouver quelle pointe utiliser : du o.45, du 0.5 et du 1.0 mm ont fait l'affaire.
 J'ai également respecté une règle tacite que l'on retrouve à peu près partout : l'équilibre entre le noir et le blanc. 2/3 de blanc et 1-3 de noir ici, bien que l'inverse soit possible. Les deux couleurs sont opposées, et faire moitié-moitié donne l'impression qu'il y a plus de blanc que de noir, et déséquilibre le dessin.
 J'ai également vectorisé mon dessin afin d'approfondir mon encrage, et de nettoyer ma page.
 A ce stade, elle serait parfaitement publiable : le dessin est fini, l'encrage est bon... Si je la voulais en noir et blanc, je pourrais l'envoyer ainsi à la presse.
 Mais, comme je suis un peu pervers, nous allons y mettre de la couleur : il s'agit donc du passage du manuel à l'informatique, car presque plus personne, dans le monde du comic book, ne colorise ses pages à l'encre.
 Ceux qui le font sont notables : Alex Ross (peinture + numérique), Lynn Varney (coloriste de Franck Miller, notamment sur 300, The Dark Knight, et le futur Xerxes)... Il s'agit essentiellement d'un choix artistique, mais d'autres excellent dans le coloring informatique.

samedi 26 juin 2010

création d'un comic book (part 7)

 Je profite d'un petit moment entre l'ébauche et l'encrage de ma nouvelle page pour continuer un peu le tuto...

 Je parlais, la dernière fois, de la première partie de l'encrage, qui sert un peu de préparation. C'est là que, en tant que dessinateur, vous décidez une bonne fois pour toutes des traits que vous gardez et de ceux qui disparaîtront. Normalement, les étapes précédentes vous ont permit de déterminer véritablement votre style graphique, ainsi que les erreurs que vous auriez pu commettre dans votre dessin.

 A titre d'exemple, trois étapes de travail par Greg Capullo sur la couverture de Spawn #185 (US) :



Ici, la dernière étape d'ébauche, avec une finalisation proche du rendu final. Bien que le style soit évident, il s'agit principalement d'un semi-encrage des traits principaux.


Ici, la phase finalisée, ou presque. C'est, en tout cas, la fin du travail manuel. Tous les traits existent (le "pencil"), et l'encrage à été ajouté (ici, par Todd McFarlane). On remarque encore les zones plus claires dues au pinceau à encre de Chine.



Enfin, le coloring (par Jin Han). La connaissance parfaite qui existe entre McFarlane et Capullo, en particulier, permet au premier de parfaitement encrer le travail du second, sans en dénaturer le travail, ce qui arrive hélas sur certains comics. Le dessinateur supervise aussi largement la phase de coloring, en assurant à la fois le bon suivi chromatique et le respect des "densités" ou des reliefs du dessin.

 Bref... Voici notre Superman, après le premier travail d'encrage :

Les zones évidées au sein du dessin seront évidemment en noir. L'idée reste, quand même, d'économiser un peu d'encre. Mais, globalement, le dessin est terminé : je pourrais parfaitement m'en désolidariser pour le passer à quelqu'un d'autre, qui en ferait l'encrage et le coloring. Prochaine étape, du coup, l'encrage. Remplir les noirs, chercher à "habiller" l'image, etc...

mardi 22 juin 2010

création d'un comic book

Petit rattrapage...

 Il semble que la notion de Prelim varie suivant le dessinateur, les étapes ou son style.
 En effet, certains font des ébauches plutôt bien travaillées, au crayon et au feutre, assez proches du résultat final.
 En outre, j'ai dit plus haut que l'utilisation du cello se généralisait pour les différentes phases d'encrage, mais sans rapeller que, auparavant - et certains dessinateurs le font toujours - le crayonné se faisait au crayon d'animation bleu, facile à gommer et qui ne se voit pas au scanner.
 Je ne connais pas les proportions d'artistes utilisant un style ou l'autre, et ne m'avancerai donc pas dessus. Mais, au moins, vous savez que les deux options sont possibles.Mais il est évident que chacun fait comme il le veut : il n'y a pas de règle fixe en la matière, seul le résultat compte.

création d'un comic book (part 6)

Bien... Etape suivante, ce que l'on appelle le "Prelim", ou préliminaire.
Chez les professionnels, il existe une règle de base : quand le rough est fait, on n'y touche plus. Si vous avez ce qu'il faut, vous pouvez encadrer votre dessin au crayon et le mettre au mur, car on ne s'en servira plus que comme base.
Je vous explique : tout le monde sait que le crayon c'est crade. Ca laisse des traces, ça en fait si on a le malheur de poser le doigt dessus, ça en fait quand on gomme, etc. Une vraie saloperie, quoi.

 De fait, les professionnels utilisent depuis maintenant quelques années ce que l'on appelle un "cello", directement hérité du film d'animation. il s'agit d'une feuille de celluloïde, un transparent, que l'on va poser sur le rough pour l'encrage. Ainsi, il n'y a aucune trace et on peut travailler calmement sur une surface pas trop désagréable.
 Mieux, si on se plante dans l'encrage, on n'est pas obligé de demander au dessinateur de tout refaire. La fête.
 Sauf que les trensparents coûtent une fortune. Personnellement, je contourne l'obstacle en photocopiant mes roughs. Les traits apparaissent juste assez pour pouvoir passer dessus, et je n'ai pas de souci une fois scanné.
 Bref. Le Prelim en lui même n'est pas encore l'encrage. Il ne s'agit que de repasser à l'encre les traits que vous avez faits au crayon. Une tâche ardue, croyez-moi, et lente, et minutieuse. Ce sont le plus souvent les dessinateurs eux-mêmes qui s'occupent de cette tâche, mais pas nécessairement. Ceci dit, si un autre le fait, cela demande une excellente connaissance du style du dessinateur, et un dialogue ininterrompu entre les deux. Beaucoup de dessinateurs sont bien plus brouillons que moi dans leurs roughs, et les encreurs les remercient de ne pas avoir à préparer leurs prelims.

 Autant que possible, toute la phase d'encrage, Prelim inclus, se fait à l'encre de Chine. Mais les scanners et les logiciels récents rendent parfaitement avec une encre basique. Vous pouvez donc utiliser des Rotring, un Pilot V5, ou n'importe quoi d'autre. C'est vous qui choisissez. Pour ma part, je travaille avec des stylos d'architecte Micron Pigma, bien moins chers que les Rotring (environ 15€ la boîte de 6).
 Certains dessinateurs n'utilisent qu'une taille de stylo, mais la majorité en utilisent plusieurs. Vous faites comme vous le sentez.
 D'une manière générale, j'utilise un 0.3 ou un 0.35mm pour le contour des persos, un 0.25 pour les gros détails et un 0.2 pour les plus fins, comme les hachures. L'important est d'être précis.




  Vous pouvez également utiliser des stylos d'autres couleurs. Il est de plus en plus courant de voir des dessinateurs finalement donner à leurs traits une tonalité proche de celle de la couleur de l'objet ou du personnage et, dans ce cas, le mieux est d'utiliser un stylo rouge, qui vous permettra de changer de couleur une fois sur ordinateur.
 Donc, pour commencer le Prelim, assurez-vous d'être au calme, à l'aise. Et il est possible que vous sentiez de l'énervement au bout d'un moment. Dans ces cas là je me fais un café et je fume une cigarette. Mais chacun fait comme il veut.